Harcèlement : procédure disciplinaire contre l’ex-manageur d’une équipe cycliste belge

Disparue à l’issue de la saison 2019, l’équipe Health Mate était visée par une enquête ouverte en juin 2019 pour son management réputé toxique. Les tentatives présumées de son manageur Patrick Van Gansen de flirter avec ses coureuses étaient au cœur de cette enquête.

Disparue à l’issue de la saison 2019, l’équipe Health Mate était visée par une enquête ouverte en juin 2019 pour son management réputé toxique. Les tentatives présumées de son manageur Patrick Van Gansen de flirter avec ses coureuses étaient au cœur de cette enquête. ODD ANDERSEN/AFP

L’instruction de certaines des affaires de harcèlement dans le peloton cycliste féminin, qui ont été dévoilées ces derniers mois, progresse. Le dossier relatif au manageur de l’ex-équipe féminine belge Health Mate a ainsi été transmis, pour examen des sanctions possibles, à la commission de discipline de l’Union cycliste internationale (UCI), l’instance qui coiffe la discipline au plan mondial.

« La commission éthique a achevé son rapport concernant Patrick Van Gansen, ex-manageur de l’équipe Health Mate, et relatif aux accusations de harcèlement portées par un certain nombre de coureuses », a annoncé l’UCI lundi 20 avril. Cette commission d’éthique a reçu les conclusions des enquêteurs du cabinet Sport Resolutions, qui ont estimé qu’« il y a eu violation du code éthique » et elle a donc « recommandé des sanctions », explique l’instance, qui ajoute : « La commission de discipline a engagé une procédure en vue de la prononciation d’éventuelles sanctions ».

Disparue à l’issue de la saison 2019, l’équipe Health Mate était visée par une enquête ouverte en juin 2019 pour son management réputé toxique. Les tentatives présumées de son manageur Patrick Van Gansen de flirter avec ses coureuses étaient au cœur de cette enquête.

Son comportement a été dénoncé à l’UCI par la Française Chloë Turblin, la Finlandaise Sara Mustonen et l’Israélienne Esther Meisels, citant notamment des propos déplacés sur leur physique. Une dizaine d’autres cyclistes avaient ensuite corroboré leurs propos dans la presse, souvent de manière anonyme.

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« Le harcèlement moral, l’humiliation est un problème »

Chloë Turblin, restée une saison en 2018 chez Health Mate, a ainsi raconté au « Monde » avoir « toujours repoussé les tentatives de Patrick [Van Gansen] de [l]’embrasser ». Elle estimait que le manageur avait cherché à l’« éloigner de [ses] proches, en disant qu’ils étaient toxiques pour [saréussite sportive » et que « son obsession, c’était qu’[elle] quitte[son] compagnon ».

Patrick Van Gansen dément ces accusations. Il avait affirmé au « Monde » avoir eu une brève relation amoureuse avec la jeune Française. Depuis, abandonné par son sponsor, il disait avoir été lui-même « dragué » par Chloë Turblin, et avoir coupé court à une relation inappropriée.

« Le sentiment que l’on a eu avec le traitement de l’affaire Health Mate, c’est que le cyclisme n’est pas prêt pour ce genre d’affaire. Ce devrait être une priorité numéro un de l’UCI », déplorait, il y a quelques semaines face à la lenteur de l’instruction de ce dossier par l’UCI, l’ancienne coureuse Iris Slappendel, à la tête du syndicat Cyclists’Alliance.

« Le harcèlement sexuel n’est pas un gros problème aujourd’hui. Mais le harcèlement moral, la pression sur le poids, l’humiliation, c’en est un », assurait également Iris Slappendel, qui disait considérer le cas Health Mate/Van Gansen comme « capital, car si le manageur est sanctionné, cela encouragera d’autres coureuses à parler. Si ce n’est pas le cas, plus aucune n’osera. »

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Le Monde

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