Déjà l’état d’urgence à New Orleans : 3 matchs, 3 défaites, et le spectre d’une saison blanche

  • ZION ABSENT, JUSQU’à QUAND ?

Les Pels ont surpris leur monde lors du Media Day en annonçant que Zion Williamson avait subi une opération au pied pendant l’été, et qu’il était ainsi forfait pour le début de la saison régulière. Au vu du début de saison, on se demande déjà si ce n’en était pas le tournant. Pour l’instant, il est prévu que l’état de santé de Zion soit réévalué début novembre et la franchise s’est toujours voulue rassurante quand à un retour rapide de son joyau. Mais c’est là qu’on doit se rappeler que Zion a manqué plus de la moitié de sa saison rookie à cause d’une blessure, et que deux fois en trois ans, ça pose forcément question.

D’autant que sont apparues dans la foulée des interrogations sur son poids (il serait proche des 140kg). C’est une partie de ce qui fait la force de son jeu, sa puissance physique, mais c’est également ce qui le rend vulnérable. Alors qu’il a réussi une saison de grande qualité l’an dernier, il aura forcément besoin de temps pour revenir à son meilleur niveau. Il sera intéressant alors d’observer le comportement de la franchise à son égard, car s’il ne revenait que dans un mois et ques les Pels étaient toujours scotchés en fond de classement à l’ouest, la tentation d’anticiper son retour serait grande, mais également dangereuse pour l’avenir à court terme du bonhomme. On rappelle que Zion arrivera au terme de son contrat rookie l’été prochain, et les spéculations sont déjà nombreuses sur son futur immédiat.

  • BRANDON INGRAM, DES STATS MAIS PEU D’IMPACT

Most Improved Player en 2020, Brandon Ingram avait quelque peu baissé de pied la saison dernière, assez irrégulier au tir notamment. Si son début de saison est qualitatif du point de vue statistique (27 points, 7 rebonds, 6 passes, pratiquement 50% au tir), force est de constater qu’il ne fait pas gagner son équipe. Il joue beaucoup pour compenser l’absence de Zion (37 minutes en moyenne) et beaucoup d’attaques passent par ses mains. S’il est en progrès à la création, il semble que tout le poids de la victoire pèse sur ses épaules, et elles ne sont clairement pas assez larges pour assumer cet état de fait, avec notamment quatre ballons perdus par match en moyenne. De plus, son agressivité est toujours sujette à caution, n’allant chercher que trois lancers par match en moyenne jusqu’ici. Ingram joue comme il l’a toujours fait depuis ses débuts, avec facilité mais sans être un véritable leader. Or, c’est justement de ça qu’ont besoin les Pels en ce moment.

  • A PART VALANCIUNAS, LE DESERT

Echangé contre Steven Adams cet été, le Lituanien est la seule véritable satisfaction de début de saison chez les Pels. Après un premier match compliqué (avec cependant Joël Embiid en adversaire direct, ceci explique cela), Jonas a livré deux matchs d’excellente facture. Dominateur lors du dernier match contre les Wolves, il est celui qui a permis à son équipe de rester dans le match jusqu’au bout, grâce à une présence constante au rebond offensif et à une domination physique sur la personne de Karl-Anthony Towns, exclu pour six fautes. Les Pels ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en lui faisant signer une prolongation de contrat cete semaine. Méfiance néanmoins, car Steven Adams avait eu droit au même traitement de faveur en début de saison dernière. On connait la suite…

Le principal problème de New Orleans se situe sur la ligne arrière, car les recrues de l’été sur ces postes sont pour l’instant en berne. Devonte Graham, après deux premiers matchs encourageants, a sombré contre les Wolves (2/14 au tir), un genre de match qu’il a connu à de nombreuses reprises l’an passé avec les Hornets. Quand à Tomas Satoransky, il n’a joué que 15 minutes au total, et n’est même pas entré en jeu samedi, sans aucune raison particulière. Ces role players sont pourtant importants en vue d’une bonne saison, car les jeunes Nickeil Alexander-Walker et Kira Lewis sont toujours aussi irréguliers malgré leur talent évident. Quand à Josh Hart, il s’est lui aussi blessé dès le premier match et son énergie en défense manque cruellement à son équipe.

Vous l’aurez compris, le nouveau coach Willie Green a du pain sur la planche, puisqu’on ne distingue pas encore sa patte sur le jeu des Pels. Pas facile d’entamer la saison sans son meilleur joueur, mais la franchise lui a offert beaucoup de joueurs de qualité pour augmenter les chances de l’équipe de disputer les playoffs. Bien entendu, la conclusion peut paraitre hâtive après seulement trois matchs disputés, mais on sent surtout que cette équipe manque d’une âme, et d’un véritable taulier qui tirerait le roster entier vers le haut. Les Pels ont une chance de prendre leur revanche sur les Wolves dès la nuit prochaine, car une nouvelle défaite contre un concurrent direct au play-in ferait franchement désordre. Si le mot d’ordre est “No Panic” au sein de la franchise, en particulier chez le coach qui tient un discours alambiqué, il ne faudrait pas que ce mauvais départ se prolonge au risque de voir le board de la franchise s’impatienter, et faire des dégâts au sein de l’effectif, car le General Manager David Griffin n’est pas connu pour faire dans la dentelle quand il faut remodeler un roster. Charge à Ingram et consorts de jouer à leur meilleur niveau pour éviter une nouvelle saison décevante.

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