Angleterre: vers une plus grande flexibilité des contrats des joueurs?

Selon la presse britannique, les clubs outre-Manche souhaiteraient généraliser la clause “arrêt du football” dans les futurs contrats des joueurs. Autrement dit, permettre la baisse voire l’arrêt automatique de la rémunération en cas d’un arrêt des matchs et d’une suspension des championnats.

L’idée, sans rétroactivité, serait d’anticiper une nouvelle crise dans le futur et, afin d’assurer l’équilibre des comptes, de permettre la baisse automatique des salaires sans passer par des accords individuels ou collectifs. La clause serait enclenchée dès la suspension du football.

Des contrats “zéro heure” appliqués au football

Cette technique, pas encore validée par les joueurs et les représentants syndicaux, se calquerait sur les fameux contrats “zéro heure”, largement développé en Grande-Bretagne. Ceux-ci conditionnent la rémunération à l’activité des salariés: vous travaillez, vous êtes payé, vous ne travaillez pas, vous n’êtes pas payé.

Actuellement, les joueurs ont la garantie de toucher leurs salaires, même si les championnats sont suspendus. Ils peuvent néanmoins négocier avec leurs clubs le statut du chômage partiel, la mise en congé voire la baisse ou le report de la rémunération. Mais ces solutions semblent très hasardeuses et aléatoires pour les clubs qui préféreraient, dorénavant, s’assurer contre tout risque futur.

En France, il existe un vide juridique

Une telle chose serait-elle juridiquement possible en France? Même si le pays est, pour l’instant, le seul des championnats du Big-Five à avoir obtenu un accord collectif visant à reporter les salaires jusqu’à la reprise du football, les clubs pourraient être tentés de prendre les devants et de négocier de nouveaux contrats plus flexibles.

Légalement, la convention collective de la LFP assure un salaire minimum de 2.800 euros par mois et jusqu’à 4.200 euros pour les joueurs ayant au moins 3 ans d’activité. Mais le salaire moyen en Ligue 1 est 22 fois plus élevé, à 94.000 euros.

Un club pourrait alors fixer une part fixe basée sur le salaire minimum et ensuite conditionner la rémunération à l’octroi de primes, donc de matchs joués, ou, comme cela se fait dans les secteurs commerciaux, au prorata du chiffre d’affaires total. Donc, juridiquement parlant, une telle chose est possible.

Pas sûr que cela soit accepté par les joueurs

Néanmoins, cela devrait être validé et intégré dans la convention collective, avec l’aval du syndicat des joueurs, l’UNFP. De même, les joueurs devraient accepter de signer de tels contrats incertains. Et ce n’est pas dit qu’ils acceptent. D’autant plus que si l’Angleterre et la France passeraient par-là, d’autres pays européens pourraient profiter de l’aubaine pour attirer plus de joueurs avec des contrats moins flexibles.

D’ailleurs, même si ce projet est en cours en Grande-Bretagne, la presse précise que les syndicats et les joueurs y sont totalement opposés. Rien ne dit donc que cela s’applique dans l’avenir.

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